Origine de la poule et du poulet

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Poule rouge de la jungle Gallus gallus

La poule domestique descend de la poule rouge « de jungle » de l’Asie du sud-est, dont l’espèce est Gallus gallus. L’espèce s’est ensuite dispersée dans le monde entier.

Sommaire de la page

Origine sauvage

La poule actuelle descend d’une des espèces de poule sauvage.

Parmi les espèces sauvages, il y a:

  • Gallus gallus: coq Bankiva, coq doré ou rouge
  • Gallus lafayettei: coq de Lafayette, « Ceylon junglefowl » (considéré comme le coq jaune). Sa crête est multicolore.
  • Gallus sonnerati, coq de Sonnerat (considéré comme le coq gris). Les plumes du camail sont cornées.
  • Gallus varius: coq vert de Java, « Green junglefowl » ou coq vert de la jungle. Il a 16 rectrices à la queue, un seul barbillon et une crête non dentée.
Carte indiquant la provenances des 4 espèces de coqs sauvages
A. Régions d’origine des 4 espèces sauvages
B. Poule domestique actuelle avec des pattes jaunes
C. Coq rouge (Gallus gallus)
D. Coq gris (Gallus sonnerati)
E. Coq Ceylon (Gallus lafayetti)
F. Coq vert (Gallus varius)
La couleur du bord des images C à F correspond à la zone géographique sur la carte A.

La plupart des poules domestiques actuelles descendent de Gallus gallus. On la trouvait dans une région qui s’étend du nord-est à l’est de l’Inde, et vers la Malaisie et l’Indonésie.
On a longtemps pensé que Gallus gallus est le seul parent sauvage de la poule domestique. Pourtant, des scientifiques ont montré récemment que le gène de la peau jaune de la poule ne provient pas de Gallus gallus mais de Gallus sonneratii.

Similitudes entre coq domestique et coq doré

Néanmoins, la poule domestique tient ses principales caractéristiques de la poule dorée car:

  • les 5 sous-espèces de coq doré se différencient par la couleur du plumage, des oreillons, la forme des plumes,… comme pour la poule domestique
  • le plumage du coq doré est très proche de celui de la Gauloise dorée ou la Naine allemande.
  • Darwin a remarqué que des poules domestiques remises en liberté (sur l’île de l’Ascension en Atlantique) retournent à la couleur de Gallus gallus.
  • Le coq doré a une crête simple et dentelée, comme le coq domestique
  • Le chant du coq doré ressemble le plus à celui de nos basse-cours
  • Il est possible de croiser un coq doré avec l’espèce domestique et les résultats sont bons. Par contre, la poule domestique croisée avec une autre espèce sauvage donne des poussins chétifs ou stériles.
  • L’analyse ADN indique que le coq domestique descend principalement d’une sous-espèce du coq doré.

Différences entre coq domestique et coq doré

Le coq doré présente un plumage d’éclipse pendant l’été: il est alors très peu coloré est assez terne.
Ce plumage apparaît après la mue d’éclipse d’été.

Ce phénomène n’existe pas du tout chez la variété domestique.

Histoire

Egypte ancienne

En Egypte ancienne, on retrouve même les premières traces d’incubateurs artificiels.

Grèce antique

Son arrivée en Grèce daterait du VIIe siècle avant notre ère. Une illustration de poule a été trouvée sur une poterie corinthienne datant de cette époque.
Les descendants des poules sauvages d’Asie ont été domestiquées dans la vallée de l’Indus, avant d’arriver en Perse par les contacts commerciaux. Ensuite, de la Lydie (actuellement la Turquie) au temps du roi Crésus, la poule a gagné la Grèce.

Rome antique

D’après Cicéron (106-43 av. J.-C.), orateur et historien romain, on considérait comme un bon présage de voir une poule arriver à gauche, en volant ou en marchant.

Dans son « Histoire romaine », Charles Rollin relate l’utilisation des poules comme auspices:

Pour ce qui regarde le manger des poulets, celui qui étoit chargé de les nourrir, & qu’on appelloit pour cette raison Pullarius, les faisoit sortir de la cage où il les tenoit renfermés, & leur jettoit de la nourriture. S’il la saisissoient avidement, & qu’ils en laissassent tomber par terre, l’augure étoit favorable, & cela s’appeloit « tripudium solistimum ». Au contraire, s’ils refusoient de manger, l’augure étoit funeste. On sait l’histoire du Consul Publius Claudius, qui, prêt de donner un combat naval dans la premiére guerre punique, & apprenant que les poulets ne vouloient point sortir de la cage, les fit jetter dans la mer, en disant: Qu’ils boivent, puisqu’ils ne veulent pas manger. Aussi fut-il vaincu. Il n’est pas besoin que j’avertisse que ce fut sa témérité qui casa sa défaite, & non pas le mépris d’une cérémonie aussi vaine & aussi puérile.

Histoire romaine — Charles Rollin

Les Romains seraient aussi les inventeurs des chapons. La loi Faunia (an 588 de Rome, soit 165 av. J.-C.) interdit de manger des poules graisses, pour économiser le grain. Les éleveurs ont tourné la loi en dérision en décidant de caster les jeunes coqs, qui devinrent 2 fois plus gros que la normale.

On chastre les estaudeaux et poulets à deux moys et demy ou à trois moys en pleine lune, quand ils commencent à approcher des poules, tout le long de l’esté jusqu’en automne, si l’hyver est trop aspre jusqu’à la fin de décembre.

Thrésor de santé, manuscrit de la bibliothèque Mazarine

Les Romains connaissaient déjà aussi le couvoir. Ils faisaient éclore les oeufs en quantité dans des étuves chauffées en permanence par de la vapeur bouillante. En fait, ils maitrisaient aussi la plomberie et le chauffage central.

Il est probable que les Romains ont introduit la poule en Gaule et ont nommé la contrée « la Gaule », du mot latin Gallus.

Columelle (1e siècle ap. J.-C.), dans son traité d’agriculture — Livre VIII – détaille l’élevage des poules:

  • le choix de la race et de la couleur: des poules indigènes rouges ou brunes; les blanches manquent de vigueur et sont plus facilement capturées par les prédateurs
  • le nombre d’animaux à acquérir: 200 par soignant
  • la construction et le placement du poulailler: orienté à l’est près de la cuisine, avec des perchoirs et des nids
  • la nourriture
  • des bains de poussière ou de cendre pour la bonne santé du plumage
  • la conservation des oeufs et la couvaison
  • l’engraissement des poulets

Celtes

Les Celtes connaissaient le coq et la poule, dont ils consommaient les œufs, avant la conquête par Jules César. Au gré des conquêtes, les poules ont été implantées de ci, de là, car elles sont faciles à transporter.

XIXe siècle

Au milieu du XIXe siècle arrivent les races asiatiques, comme la cochin, qui pond des oeufs bruns. L’usage des poulaillers se répand dès lors.

La sélection des pondeuses a commencé à la fin du XIXe siècle.

La passion pour la poule en Angleterre s’est surtout développée grâce aux combats de coqs. Ce sport cruel est devenu illégal au Royaume-Uni en 1849. Il reste marginal en France mais reste encore fort pratiqué en Asie et dans l’état du Nouveau-Mexique (USA).

Aujourd’hui, l’élevage industriel des gallinacées risque de faire disparaître plus d’une race. Les petits éleveurs doivent rester vigilants.

Sources

  • BAYLE Pierre, DESMAIZEAUX Pierre, RENAUDOT Eusèbe [et al.], Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle: Dictionnaire historique et critique, Desoer, 1820, 644 p.
  • ROLLIN Charles, Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu’à la bataille d’Actium, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la République – Tome I, 1748, Paris
  • ERIKSSON Jonas, LARSON Greger, GUNNARSSON Ulrika [et al.], Identification of the Yellow Skin Gene Reveals a Hybrid Origin of the Domestic Chicken, PLoS Genet, vol. 4 / 2, février 2008, p. e1000010.